Ce qu’il faut retenir
- Dans un logement ancien, la loi n’impose pas la conformité totale mais la mise en sécurité : six points, ceux du diagnostic électrique obligatoire à la vente et à la location.
- Les deux corrections les plus fréquentes et les plus importantes : ajouter des interrupteurs différentiels 30 mA et raccorder une vraie prise de terre.
- Une mise en sécurité se fait le plus souvent sans refaire les murs : on intervient au tableau, sur la terre et dans la salle de bains.
- Un logement de plus de 15 ans mis en vente ou en location doit avoir un diagnostic électrique ; anticiper la mise en sécurité évite la négociation à la baisse.
Une maison des années 1970 à Saint-Pierre-du-Mont, un appartement du centre de Mont-de-Marsan jamais retouché depuis sa construction : l’installation fonctionne, alors on n’y touche pas. Jusqu’au diagnostic de vente qui aligne les anomalies, ou à l’odeur de chaud derrière le tableau. Mettre une installation ancienne en sécurité n’est ni tout refaire ni ne rien faire : c’est traiter six points précis. Les voici, avec ce qu’ils changent concrètement.
Mise en sécurité ou mise en conformité : la différence
La mise en conformité consiste à rendre l’installation identique à ce qu’exige la norme NF C 15-100 pour un logement neuf : nombre de prises, circuits spécialisés, sections, tableau. Elle n’est obligatoire que dans le neuf et en rénovation complète. La mise en sécurité vise plus court : supprimer les risques d’électrocution et d’incendie dans l’existant, en s’appuyant sur les six points de la norme de diagnostic NF C 16-600. C’est ce que recommandent les pouvoirs publics pour un logement ancien, et c’est ce que nous proposons dans 90 % des cas.
Les six points de la mise en sécurité
- Un appareil général de commande et de protection, accessible : le disjoncteur de branchement qui permet de couper toute l’installation d’un geste.
- Au moins un dispositif différentiel à haute sensibilité (30 mA) à l’origine de l’installation, et une prise de terre efficace. C’est ce qui coupe le courant en quelques millisecondes quand une personne touche un appareil défectueux. Beaucoup d’installations anciennes n’en ont aucun.
- Une protection contre les surintensités adaptée à chaque circuit : le calibre du disjoncteur ou du fusible doit correspondre à la section du câble qu’il protège. Un fusible de 32 A sur un fil de 1,5 mm² est une cause classique d’incendie.
- La liaison équipotentielle et le respect des zones dans la salle de bains : tuyauteries et masses métalliques reliées à la terre, aucune prise ni appareil dans les zones proches de la baignoire ou de la douche.
- L’absence de matériel vétuste ou inadapté : interrupteurs en porcelaine, prises sans terre, fils sous tissu, boîtes de dérivation ouvertes, dominos apparents.
- Des conducteurs protégés mécaniquement : aucun fil nu ou simplement scotché, des câbles sous gaine ou sous moulure.
Ce que ça implique concrètement
Dans la plupart des logements, la mise en sécurité se traite au tableau et dans la salle de bains, sans ouvrir les murs :
- remplacement du tableau ou ajout d’interrupteurs différentiels 30 mA (type A pour les circuits cuisine et lave-linge, AC ou A pour les autres) ;
- remplacement des fusibles par des disjoncteurs calibrés selon les circuits ;
- création ou reprise de la prise de terre (piquet ou boucle) et raccordement des circuits qui en sont dépourvus, en priorité cuisine et salle de bains ;
- liaison équipotentielle de la salle de bains et déplacement des prises hors zone ;
- remplacement des appareillages vétustes et fermeture des boîtes de dérivation.
Le remplacement complet des prises sans terre dans toutes les pièces, lui, relève de la rénovation : il peut se programmer pièce par pièce, au rythme des travaux de décoration.
Le diagnostic électrique à la vente et à la location
Depuis 2009 à la vente et 2017-2018 à la location, un logement dont l’installation a plus de quinze ans doit faire l’objet d’un diagnostic électrique, valable trois ans pour une vente et six ans pour une location. Le diagnostiqueur vérifie exactement les six points ci-dessus et liste les anomalies. Le vendeur n’est pas obligé de les corriger, mais l’acheteur les utilisera pour négocier, et l’installation reste dangereuse. Faire la mise en sécurité avant le diagnostic, c’est présenter un rapport propre et éviter la discussion. Le site Qualitel détaille cette obligation.
Sur nos chantiers dans les Landes
La transformation d’un tableau électrique que nous avons publiée récemment est représentative : un tableau encombré, des câblages apparents, des protections vieillissantes sans différentiel. L’intervention a tenu en une journée : tableau neuf, interrupteurs différentiels, disjoncteurs calibrés circuit par circuit, identification de chaque départ, contrôle de la terre. Le logement n’a pas été mis « aux normes du neuf » ; il a été mis en sécurité, ce qui était le besoin.
Les six points en un tableau
| Point | Risque couvert | Intervention type |
|---|---|---|
| Appareil général de coupure | Impossibilité de couper en urgence | Disjoncteur de branchement accessible |
| Différentiel 30 mA + terre | Électrocution | Interrupteurs différentiels au tableau, piquet de terre |
| Protection adaptée par circuit | Incendie par surchauffe | Disjoncteurs calibrés selon la section des câbles |
| Salle de bains | Électrocution en milieu humide | Liaison équipotentielle, respect des zones |
| Matériel vétuste | Contact direct, arc électrique | Remplacement des appareillages, fermeture des boîtes |
| Conducteurs protégés | Contact direct, dégradation | Gaines, moulures, reprise des raccords |
Testez-vous : 4 questions
1. La mise en conformité complète est-elle obligatoire dans un logement ancien ?
Non. C’est la mise en sécurité, sur six points, qui est recommandée et vérifiée par le diagnostic.
2. Quelle sensibilité pour un interrupteur différentiel destiné à protéger les personnes ?
30 mA.
3. À partir de quel âge de l’installation le diagnostic électrique est-il obligatoire à la vente ?
Quinze ans.
4. Faut-il ouvrir les murs pour une mise en sécurité ?
Rarement : l’essentiel se traite au tableau, sur la prise de terre et dans la salle de bains.
En résumé
Si votre installation a plus de vingt ans et n’a jamais été revue, faites-la mettre en sécurité maintenant, sans attendre une vente ou un incident : différentiels 30 mA, terre, protections calibrées, salle de bains. C’est une journée de travail, pas une rénovation, et c’est ce qui protège réellement les occupants.
Vous voulez savoir où en est votre installation ? Nous venons la contrôler et nous vous disons ce qui relève de la sécurité et ce qui peut attendre. Voir notre page rénovation électrique à Mont-de-Marsan et dans les Landes ou contactez Couratelec.




